Rééquipement de «Voyage pour l’Orient»
Par Laurent Thevenot, Sebastien Valran, Gilles Gaboyer, Philippe Pataut, Aurelien Vaissière, Pauline Egea en 3 jours durant l’été 2023.
Résumé
Remplacement de l’ensemble des points et relais (sauf 5 points dans les deux dernières longueurs qui étaient nickel). Modification de la première longueur en ouvrant une variante sur la droite dans une fissure qui est moins sujette aux résurgences. Rajout de quelques points par rapport à l’équipement d’origine (8 en tout) pour réduire l’exposition de certains passages.
Descente en rappel TOP, avec quasi que des rappels de 45 mètres. Attention au bout de corde.
Récit
Quel bonheur de monter au Soreiller pour rééquiper. Ce lieu est magnifique et l’accueil au refuge formidable. Une première session de rééquipement fin août, après un épisode de neige. Pas moins de 30 cm au refuge. Après deux jours à jouer au ping-pong, la face est sèche ce qui nous permet de rééquiper les 8 premières en deux jours. L’escalade en dalle est superbe, le rocher compact, et les longueurs homogènes. Cinq semaines plus tard, pour le week-end de fermeture du refuge, nous remontons avec Pauline et Sébastien pour finir le chantier. Une superbe et longue journée nous permet de finir le rééquipement.
Une voie chaudement recommandée, et espérant qu’elle redevienne à la mode, et décharge un peu la face sud de la Dibona (en plus la vue sur la Dibona est superbe depuis le fond du cirque !)
Remerciements : ONOS pour le matériel ! Marielle et Quentin, gardiens du Soreiller pour l’accueil si chaleureux !
Bilan
Nombre de jours de rééquipement : 3
Nombre de longueurs rééquipées : 13
Nombre de points posés : environ 120 goujons inox fournis par ONOS
Nombre de relais posés : 13







Merci à vos dons et à l’achat des topos qui servent au financement de ce genre de rééquipement d’ampleur !

Rééquipement de “Winayataki” (Oisans Est – Massif des Cerces – Tête de colombe)
Par Joseph Clergue et Martin Piegay (19 Septembre 2023 et 11 Octobre 2023)
Cette voie est une très belle découverte que nous avons parcourue quasiment par hasard, avec ces quelques lignes de Jean-Michel Cambon dans le topo :
« À “restaurer”, en rééquipant relais et quelques points ?? ».
Le rééquipement a été réalisé en deux jours depuis le bas de la voie.

“ Winayataki ” est le nom de l’album du groupe “ Bolivia Manta ” (musique des Andes). Cela signifie en langue Quechua : éloge de la tradition, et c’est exactement l’esprit de ce rééquipement.
Le premier mouvement de la voie n’était vraiment pas facile : on a clippé en se faisant “ la courte échelle ”.
Les relais étaient inexistants ou installés sur de vieux pitons.
Les spits de 8 de la longueur traversante ont été remplacés par des plaquettes en inox.
Il reste certains bons pitons d’origine et deux spits de 8 en bon état.
Après rééquipement, les cotations restent les mêmes, car les passages “en artif ” ne sont pas encore libérés. Elles prennent en compte l’ensemble de la longueur : partie “ artif ” et partie libre.
L’ensemble est coté “ ED ” selon Bernard Francou, Martin et moi (Joseph Clergue).

Au total :
11 longueurs ont été rééquipées.
34 points et 10 relais ont été posés.
Une légère purge a été réalisée.

Rééquipement de «Le Père Ubu»
Par Olivier Descreux, Marine Tatibouet et Romain Gallerini, les 13 et 14 Octobre 2023 (jusqu’à L11)
Résumé
On a voulu respecter au maximum la volonté de Christian Ferrera qui se portait sur un rééquipement point pour point, on s’est autorisé juste quelques rajouts sur l’équipement d’ouverture (points de renvois au dessus du relai, points « directionnels » et passages en mauvais rocher). Et quelques points légèrement déplacés pour des clippages plus fluides. (5 points ajoutés sur 8 longueurs).
La voie comporte toujours quelques passages très engagés et pas toujours protégeables. Un jeu de petits friends est nécessaire (jusqu’au 0,5 voire 0,75), éventuellement câblés.
L4 (départ de Père Ubu) : Une lunule fine remplacée qui peut se renforcer avec un bon gris (0,4).
L7 : Un point de renvoi ajouté et un point ajouté dans la longueur.
L8 : Deux points ajoutés dans la longueur
L9 : Longueur physique avec un mix de spits et de pitons tous les 50 cm typée A0, on a changé les goujons et laissé les pitons d’artifage. On a rajouté un goujon dans la sortie en mauvais rocher.
L10 : Transition 0 points, partir en légère oblique droite du relais, on trouve de bons emplacements de friends.
L11 : Un peu comme dans L6, on a changé les points qui protègent et laissé les vieux points qui servaient plus pour artifer. Un point rajouté à la fin dans la traversée en rocher pourri, pour protéger le second. On s’est arrêté là on a pas encore enlevé tout les vieux spits sur cette longueur, on voulait rentrer pas trop tard.
Récit
Ecrit par Olivier :
Douze mois auparavant, Romain fouinait sur le net et nous avait dégoté un projet foireux aux parfums d’aventure. Le rééquipement d’une voie à la tête d’aval, 500 m soutenu et expo sur spit de 8 nécessitant une « bonne marge » : Le père Ubu.
Nous arrivons enfin, après quelques approximations calendaires, à nous retrouver en ce mois d’octobre 2023. Nous étions censés être 5 : Romain, Marine et moi-même auxquels devaient s’ajouter Harold Bruce un jeune fougueux surmotivé ayant déjà répété la voie (CR épique sur c2c) et un pote à lui.
Finalement ces derniers se désistent et nous partons donc à trois pour ce chantier. On décolle en début d’aprèm pour avoir le temps de trouver un zone de bivouac non loin du pied de la paroi.
On sera lourdement chargés : 8 accus, 150 amarrages, 9 L d’eau par personne, perfo, marteaux, clés, bouffe, matos de bivouac.
Après une bonne heure de marche, et quelques points de vie d’épaules perdus, on trouve une petite zone plane pour passer la nuit. La soupe forestière lyophilisée est divine.
Après avoir pas mal tergiversé on part sur la stratégie suivante :
J1 : On rééquipe jusqu’à R6 (Grande vire) en espérant être assez rapide pour redescendre par les grands toits.
J2 : On monte le matos de bivouac à la grand vire.
J3 : On rééquipe la deuxième partie et on descend.
Le lendemain matin surprise ; l’ami Romain s’est compliqué la tache en oubliant ses chaussons. Qu’a cela ne tienne, il grimpera dans ses magnifiques baskets blanches (un petit look à la Eminem).
Les 3 premières longueurs sont communes avec les elfes et ne sont pas à rééquiper. On part avec le matos réparti dans deux sacs pour les seconds, mauvaise stratégie au final c’est trop lourds et ça se ne vide pas si vite, d’autant qu’un accu vide ça ne pèse pas moins lourd. On finira par hisser un des deux sacs qui terminera dans un piteux état (car pas prévu à cet effet).
Nous attaquons donc le travail à L4. Romain à la grimpe (et cela fonctionne fort bien avec ses nouveaux chaussons), Marine au perfo et Oliv au Marteau. Les longueurs ne sont pas si expo que ça jusqu’à L7.
Sur cette L7 je me retrouve à grimper et à interpréter où les ouvreurs ont voulu passer puisque je ne voyais pas l’ombre du prochain spit.
L8 est du même acabit.
L9 dans une fissure bien physique me causera quelques dommages car je chutait bêtement et me réceptionnait trop fortement 8 m plus bas. Je remonte et terminais alors la longueur avec un bon runout sur du rocher branlant.
Le temps que les deux compères me rejoignent, mon genoux et mon talon (touchés lors de la chute) me rendent tout déplacement difficile.
On avait prévu de redescendre, la nuit pointe déjà. On laisse tout le matos au relais à l’abri dans un sac étanche et on descends juste les accus vides et les vieux points. On s’échappe par la grande vire. Rappels du grand toit dans la dernière clarté solaire, magique.
Je boitille jusqu’au camp puisque je ne peux que difficilement plier ma jambe droite.
Le lendemain Marine et Romain remontent jusqu’à la vire pour rééquiper quelques longueurs pendant que je redescends jusqu’à la voiture à pas de fourmis. Là où 45 minutes sont nécessaires, j’aurais besoin de près de 3 heures mais vu que je n’ai que ça à faire…
Récit de la deuxième journée par Romain :
Avec Marine on se lève avant l’aube pour optimiser la journée, on laisse Olive à ses rêveries au camp.
On remonte par les mains courantes jusqu’au deuxième bastion puis on suit l’itinéraire le plus direct pour la vire du grand toit. Pour gagner du temps on se jette de points à points en tirant sur les dégaines. Ça marche pas trop mal on arrive vers 11h passé à la vire. Midi de nouveau dans la voie.
Marine attaque la longueur de transition, du petit 5 sans points mais qui se protège bien sur friends, on laissera tel quel, au moins c’est rapide à rééquiper.
Ensuite j’attaque le début du fameux rempart rouge ça grimpe pour la cote et c’est bien physique, ça finit par une grande traversée sans point sur une vire en rocher pourri, ma corde de hissage fait le ménage en envoyant quelques beaux parpaings.
A deux le rééquipement ça va quand même bien moins vite. On arrive à R11 pour 15 heures, Marine à les pieds en compote après ces longues heures dans les chaussons. A ce moment là je me félicite d’avoir oublié les miens je suis comme à la maison au relais dans mes baskets. La longueur suivante traverse beaucoup, la descente paraît complexe d’autant que le rocher n’est pas des plus compact, on décide de s’arrêter là d’autant qu’il y a Olive qui nous attends à la voiture. De R11 en un rappel ça redescend bien sur la vire. Rebelote pour le grand toit on commence à bien connaître l’endroit. En bas on remballe le camp et on redescend tout de même bien moins lourds qu’à l’aller.
La suite très certainement au printemps.
Bilan
Nombre de jours de rééquipements : 2
Nombre de longueurs rééquipées : 8
Nombre de points posés : 70 goujons inox fournis par ONOS
Nombre de relais posés : 8
« Romain s’est compliqué la tache en oubliant ses chaussons. Qu’à cela ne tienne, il grimpera dans ses magnifiques baskets blanches. »







Merci à vos dons et à l’achat des topos qui servent au financement de ce genre de rééquipement d’ampleur !
Rééquipement du Pilier Sud-Est de la Tête de Ferrand
Voie ouverte en 1970 par deux membres du CAF de La Mure, Jean-Paul Froment et Henri Desmoulins, très peu parcourue par la suite car l’équipement en place est quasi inexistant et l’engagement très fort. Le rééquipement de cette voie en aout et septembre 2022 par Pascal HUSS, Coralie BALME, Yves DI MARCO, Pascal DEBROSSE, Guilhem BARNEIX, Pierre SALLE, Dorian TAVERNA et Hervé GALLEY réduit considérablement l’engagement.
Le film…
Le récit !

Le rééquipement de cette voie est née de l’envie de 3 jeunes du CAF de la Mure de s’essayer à l’exercice du rééquipement et de la motivation de notre équipeur hyperactif Pascal Huss. Pascal, jamais à court d’idées, nous propose ce projet. Il nous donne l’eau à la bouche, car ce pilier est esthétique et sa première ascension est l’œuvre de 3 membres du club, il y a plus de 50 ans.
Après les démarches administratives menées de main de maitre par Pascal, nous sommes au départ du Désert en Valjouffrey au mois d’août 2022 pour aller découvrir cette voie. Après 3 heures de marche nous sommes enfin au sommet. La marche d’approche est à elle seule un superbe voyage.
La reconnaissance peut enfin commencer, les infos que nous avons sont maigres et les repérages aux jumelles nous aident assez peu sur la première partie. Après 3 rappels, nous prenons pied sur l’immense vire herbeuse. La suite se corse, l’objectif est de rejoindre, par environ 25 m de rappel, une vire confortable…

La première tentative aboutit à une remontée sur corde, la seconde semble plus productive car notre chef ne remonte pas. Tout le monde le rejoint, mais la surprise est grande, la vire tant attendue est si petite qu’il nous a fallu la débarrasser des pierres qui l’encombre pour pouvoir y tenir assis à deux.
Nous ne sommes toujours pas au bon endroit, Yves part alors en éclaireur dans la suite pour voir. Il découvre une zone plus accueillante à l’aplomb de la zone observée aux jumelles. Une fois l’équipe rassemblée en zone sûre, nous découvrons un des rares vestiges de l’ouverture : un piton est planté au-dessus du surplomb. La suite de la descente est beaucoup plus logique, nous descendons en équipant les futurs relais des longueurs. Et après 13 rappels dans la future voie nous rentrons.
Après ce gros travail, nous y retournons 2 fois pour équiper, purger et grimper les longueurs jusqu’à la grande vire. Lors de ces visites, seul un coin en bois datant de l’ouverture sera retrouvé, ainsi qu’un relais de fortune posé par une cordée ayant tenté l’ascension quelques années auparavant.


Les premières répétitions de la voie ont été faites en 2023 et semblent confirmer les cotations, sauf pour L2 et L3 qui semblent un peu plus faciles qu’annoncé dans le topo.

Le topo :
Rééquipement de Purée d’Astragale
Le rééquipement de cette voie majeure de la face ouest de Sialouze avait démarré en 2022 avec Serge, Yves et Alain, il est maintenant terminé grâce à Etienne, Amaury et Harold.
Quelques photos du rééquipement et le récit d’Harold Bruce.

































